Dans le contexte du Réseau La langue pour le travail, le terme « la langue pour le travail » englobe trois volets différents du développement de la langue pour les migrants adultes dans le cadre de leur intégration linguistique sur le marché du travail et plus largement dans la société.
1. Les sessions de cours de langue pré-professionnels
Lâobjectif est de maĂźtriser les situations de travail les plus courantes, communes Ă diffĂ©rentes branches professionnelles et Ă divers mĂ©tiers, comme lâappel tĂ©lĂ©phonique, lâexplication dâune procĂ©dure, le renseignement dâun formulaire administratif. Il sâagit Ă©galement, en amont de ces situations, de se concentrer sur lâobtention dâun emploi (en abordant la recherche dâemploi, le CV, la lettre de motivation, lâentretien dâembauche).
Les publics ciblés sont hétérogÚnes :
- par rapport Ă lâemploi : chĂŽmeurs, personnes en activitĂ©, Ă©tudiants ;
- du point de vue des domaines dâactivitĂ©, des mĂ©tiers exercĂ©s auparavant, de lâexpĂ©rience professionnelle ;
- en raison de parcours Ă©ducatifs, dâitinĂ©raires personnels et de niveaux dâĂ©tudes trĂšs variables.
2. Les formations dédiées à des métiers spécifiques
Lâobjectif est dâamĂ©liorer les compĂ©tences langagiĂšres en ciblant des tĂąches professionnelles dĂ©finies aprĂšs une analyse mĂ©thodique des besoins. Le programme se dĂ©roule soit sur le lieu de travail, soit Ă lâextĂ©rieur, dans un centre de formation pour adultes.
Les publics ciblĂ©s sont beaucoup plus homogĂšnes que prĂ©cĂ©demment, si on considĂšre quâ
- ils sont tous employĂ©s ou en formation dans le mĂȘme domaine et occupent le mĂȘme type de poste ;
- ils ont des arriĂšres-plans culturels, des itinĂ©raires personnels et des niveaux dâĂ©ducation diffĂ©rents.
3. Les interventions sur le lieu de travail recouvrent
- des formations en langue de type formel, Ă©laborĂ©es pour rĂ©pondre aux besoins de groupes dâemployĂ©s spĂ©cifiques dans une entreprise donnĂ©e, ayant lieu sur site ou alors dans un centre de formation, sous la forme de cours en classe, de coatching, etc. ;
- de la formation non formelle Ă lâintĂ©rieur mĂȘme de lâentreprise, par exemple par le biais de tutorat ou en dĂ©signant un membre de lâĂ©quipe pour jouer le rĂŽle de « personnalitĂ© au service de la langue » au sein de lâorganisation de travail ;
- de la formation informelle, sous la forme dâun appui langagier apportĂ© par les dirigeants et les membres de lâĂ©quipe Ă leurs collĂšgues migrants.
Dans certaines institutions, on sâefforce ainsi de transformer le lieu de travail en espace « apprenant » afin dâencourager le dĂ©veloppement langagier. Cela requiert une approche systĂ©mique, qui tient compte des intĂ©rĂȘts et des logiques des diffĂ©rents participants, en prenant appui sur le potentiel des employĂ©s et en envisageant les services et les Ă©quipes comme des communautĂ©s de pratique. Des membres de syndicats, lâadministration, des collĂšgues proches, le personnel encadrant sont ainsi formĂ©s Ă tutorer les travailleurs relevant des publics ciblĂ©s. Lâenseignant de langue nâest pas alors seulement un professeur mais Ćuvre aussi en tant que consultant sensibilisant les diffĂ©rents acteurs aux diverses questions de langue et de communication qui se posent autour des compĂ©tences linguistiques au travail. Conseiller en apprentissage langagier, il doit Ă ce titre mobiliser un vaste rĂ©pertoire de compĂ©tences pour interagir avec les diffĂ©rents acteurs et rĂ©pondre Ă la dimension sociale ainsi quâĂ la dimension individuelle de lâapprentissage.
Les groupes dâapprenants reflĂštent la composition de lâĂ©quipe, en termes dâĂąge, de genre sexuĂ©, etc. Les publics ciblĂ©s sont collĂšgues au sein de la mĂȘme organisation, mais ils peuvent provenir de diffĂ©rents services. Ils peuvent Ă©galement avoir des parcours personnels, des arriĂšres plans culturels, linguistiques et Ă©ducatifs diffĂ©rents.